Les leçons de Guitar Hero - partie 2
Voici la suite des conseils parfois rigolos, mais souvent vrais, qui se retrouvent à l’écran lorsque vous attendez le chargement d’une chanson dans le jeu Guitar Hero.
- « Allez, vas-y, rock fort, vends plein de t-shirts pour qu’on puisse manger. »
Celle-là a deux vérités. La première, la plus cruelle, c’est qu’effectivement pour manger, les artistes doivent faire plus que simplement chanter. En général, les artistes ne vivent pas comme des millionnaires. Leur survie dans le milieu du showbusiness passe par la création de différentes sources de revenus. La deuxième vérité, c’est que les t-shirts ne sont pas uniquement une très bonne façon de faire davantage de profits, mais un moyen de faire propager votre nom. Faites en sorte que vos t-shirts soient des œuvres et qu’ils vous représentent bien.
- « Ne prends pas pour acquis que la boisson est payée par la maison. »
Rien ne termine une soirée plus mal que lorsque la barmaid vous tend une facture de quelques centaines de dollars pour de la boisson et des shooters que vous avez consommés ou offerts. Mais ceci est aussi vrai pour la gestion du budget que vous donne votre compagnie de disques ou votre producteur. Si, en studio, vous prenez pour acquis que le producteur va accepter de payer pour la section de cordes que vous voulez ajouter à la dernière minute ou qu’en tournée, vous croyez que le producteur va accepter de payer pour la suite royale plutôt que la chambre standard, vous aurez peut-être des surprises. Faites attention car vous aurez tôt ou tard à payer la note…
- « Ne pensez pas que vous êtes le premier groupe à ne porter que du noir sur scène. »
Sauf à de très rares occasions, tout a été fait avant vous. Vous ne réinventerez pas la roue dans aucun domaine. Donc cela étant dit, assurez-vous de faire votre meilleur et de faire tout ce qui est possible pour être le plus original. Les gens aiment les artistes qui leur parlent et qui les font vibrer. Soyez cet artiste.
- « NE JAMAIS utiliser des effets pyrotechniques maison ! »
Et peu importe ce que vous avez envie de faire dans votre spectacle, assurez-vous toujours que votre public est en sécurité. Ça semble idiot comme conseil, mais ça va de soi. Ça vous ferait une très mauvaise réputation qu’un incident bête blesse un de vos fans…
Les leçons de Guitar Hero - partie 1
C’est avec un fun fou que j’ai passé le week-end dernier à jouer au jeu « Guitar Hero ». Pendant quelques jours, j’ai pu parfaire mon attitude de star rock dans mon salon, j’ai redécouvert les « légendes du rock » et je me suis fait une tendinite au poignet à trop jouer. À travers tout cela, je me suis aperçu en cour de route que ce jeu pouvait être une grande source d’information pour les artistes en devenir.
Voici quelques unes des phrases qui s’affichent à l’écran pendant qu’une chanson se charge. Malgré leurs traits humoristiques, ces phrases sont d’une déconcertante réalité. Pour les besoins de ce blogue, je me suis permis de les traduire.
- « Des envolées de free-jazz de 20 minutes, ce n’est pas OK ! »
Il ne faut pas prendre pour acquis que tout le monde aime les interminables solos de guitare. Surtout quand ça finit par manquer de structure… Gardez ces précieux moments pour vos jams entre musiciens. Sur scène, restez dans les limites de « l’écoutable ». La dernière chose que vous voulez, c’est de voir les gens partir.
- « Ne laisse jamais le chanteur en charge du mix. »
Celle-là démontre un trait de la personnalité des chanteurs qui est, en général, assez vrai. En fait, pour être honnête, cette phrase est aussi vraie pour le guitariste, le bassiste, le batteur ou tout autre membre du groupe qui serait derrière la console lors du mix. Le chanteur voudra assurément mettre sa voix à l’avant-plan, parfois au détriment de la chanson, par égocentrisme. Laissez faire un professionnel. Si vous ne pouvez pas vous le permettre, faites au moins affaire avec quelqu’un qui est extérieur au projet.
- « Toutes les compagnies de disques sont diaboliques, sauf celle qui t’a offert un contrat. »
Évidemment. Ce qui m’amène à ajouter cette autre phrase : « Il n’y a rien qui se termine plus vite qu’un contrat de disques ». Il faut faire vraiment attention avant de cracher sur quiconque. Car par expérience, il s’avère qu’un jour ou l’autre, on finit toujours par avoir besoin de quelqu’un qu’on a rabaissé. Et il n’y a rien de pire que d’essayer de se refaire une réputation. En autant que ce ne soit pas gratuit…
- « Commençons donc avec notre dernier single, on en sera débarrassé. »
Faut avoir du culot pour agir de la sorte. Faut surtout avoir une certaine carrière derrière soi… Placer un spectacle, en terme d’ordre de chansons, est tout un art. Si vous n’avez qu’un single et que vous l’offrez dès le départ, assurez-vous de barrer les portes et surtout, de ne pas faire d’entracte. Autrement, plusieurs le font lors du rappel. L’important, c’est de doser. Le meilleur truc, c’est de faire des tests. Voyez la réaction du public lorsque vous faites une chanson après telle ou telle autre.
Partie 2 à venir…
Demandez-moi
La semaine dernière, je voyais un ami pour une rencontre de consultation. Gérant d’une jeune chanteuse, il s’était noté quelques questions qu’il voulait me poser. Nous avons finalement pris quelques heures pour discuter des problèmes auxquels il faisait face et puisque ses questions étaient assez générales, j’ai pensé vous faire profiter des réponses. Donc de temps à autre, vous trouverez un billet « Demandez à Martin » qui vise à répondre à vos questions.
Je vous invite à me les envoyer par courriel à l’adresse : m [a] martinveronneau.com . Au plaisir de vous lire bientôt !
Des leçons à tirer…
Remporter un prix au Gala de l’ADISQ donne une sacrée tape dans le dos. Dans un milieu où c’est aux artistes que va généralement tout l’amour– insécurité oblige – les artisans de l’industrie musicale ont la chance de recevoir des félicitations qu’une fois par année.
Comme il y a seulement un prix remis et qu’il y a habituellement cinq nominés, il y a forcément un heureux et quatre malheureux.
Ayant vécu les deux côtés de la médaille, je peux en tirer quelques leçons.
1. Il ne faut jamais s’asseoir sur ses lauriers. Rien n’est jamais acquis. Ce n’est pas parce qu’on l’a déjà eu qu’on peut l’avoir encore.
2. Avec ou sans, il faut toujours travailler avec le même acharnement et la même passion. Si tu crois que tu as travaillé fort, dis-toi que quelqu’un a peut-être travaillé encore plus fort que toi.
3. La remise d’une telle récompense procure des souvenirs impérissables et fait foi d’une expérience qui demeurera à vie sur le curriculum vitae.
4. La compétition la plus sérieuse qu’un artiste peut avoir, c’est lui-même. Le dépassement de soi est une valeur qu’il faut entretenir pour avoir ce désir profond de vouloir aller plus loin.
5. Le succès peut se mesurer de nombreuses façons. Un Félix n’en est qu’une.
Les seconds seront les premiers
Le 3 octobre 1945, le petit Elvis Presley n’a que 10 ans. À la suite d’une suggestion de sa professeure, Madame J.C. Grimes, il effectue sa première prestation devant public au concours Mississippi-Alabama Fair and Dairy Show. Vêtu d’un habit de cowboy, Presley est grimpé sur une chaise pour être capable de rejoindre le micro et chanter « Old Shep » de Red Foley.
Il est arrivé second, a remporté 5$ et une entrée gratuite pour tous les événements de la foire.
Remarquez bien ceci. Dans une large proportion, rarement les premiers dans des concours sont ceux qui ont le plus de succès en carrière.
Vous êtes le spécialiste
Vous cherchez depuis un moment une façon de trouver de nouveaux fans ? Vous avez une passion autre que la musique ou les arts ? Développez une nouvelle section à votre site où vous exploiterez votre expertise. Ça pourrait être sous forme de blogue ou simplement une série d’articles.
De cette façon, les moteurs de recherches répertorieront votre site dans d’autres domaines que la musique et vous sortirez certainement lors de recherches sur d’autres sujets. Par exemple, si vous avez une formation en infographie ou en design graphique, vous pourriez commenter les pubs imprimées de partout à travers le monde. Si vous êtes un amateur de films, vous pourriez proposer vos propres critiques.
Visitez le site de Christine Kane pour voir un exemple. Cette auteure, compositrice et interprète est également formatrice et elle offre ses services sur son site, en plus d’avoir un blogue sur le sujet.
Les entrevues, c’est comme le vélo
L’auteur Bob Baker fait une suggestion intéressante aujourd’hui sur son blogue. Il invite les artistes qui n’ont pas la chance d’avoir régulièrement des entrevues de le faire eux-mêmes, de s’interviewer et de mettre le vidéo sur leur site web.
En plus de fournir du contenu additionnel aux fans et aux médias pour en apprendre davantage sur l’artiste, cette technique permet une chose bien importante pour les non habitués : se pratiquer à répondre intelligemment aux questions. Ça semble aller de soit, mais malheureusement, j’ai vu de très mauvaises entrevues dans ma vie et on ne mettra jamais assez d’emphase sur un détail bien important de la vie d’artiste : il ne peut pas être « plate » !
Faites donc l’exercice de temps à autre. Trouvez des questions. Toutes sortes de questions. Et répondez-y comme si vous étiez à « Tout le monde en parle ». Il faut en dire pas trop, juste assez, sans se perdre dans une envolée lyrique. Il faut accrocher l’auditeur ou le téléspectateur, car ce moment bien privilégié – des centaines d’artistes veulent être interviewés – peut aussi faire changer d’idée votre plus farouche détracteur. L’important c’est le message. Qu’avez-vous envie de dire ? Pour quelle(s) raison(s) êtes-vous là ?
C’est comme n’importe quoi. Plus vous en ferez, plus vous serez bon.
Proposez la satisfaction garantie à votre public
D’après les résultats d’un sondage mené auprès d’internautes par le Pew Internet Project, 46% des acheteurs de musique en ligne âgés de 18 à 35 ans découvrent principalement de la nouvelle musique en écoutant des pièces en « streaming » (ex. Last.fm). Également, c’est dans une proportion de 41% qu’ils disent aller directement sur les sites des artistes.
Ces statistiques prouvent bien qu’il ne faut absolument pas négliger ces outils. Les sites des artistes sont parfois désuets, les spectacles ne sont pas mis à jour, il n’y a pas de formulaire d’adhésion à une liste d’envoi, etc. À part écrire et composer des chansons, l’artiste ne devrait pas avoir plus haute priorité que de mettre à jour ses sites et profils.
Parmi les trucs marketing jamais utilisés dans le domaine de la musique et que vous pourriez ajouter à votre site dès aujourd’hui, il y a celui de la satisfaction garantie. Je n’ai en fait jamais vu un artiste proposer sur son site le remboursement d’un achat qui n’aurait pas plu au consommateur. Et pourtant, mettre en place ce genre de politique ne coûte à peu près rien et donne confiance à l’acheteur.
Vous mettez en vente sur votre site la version digitale de votre plus récent album. Le client voit votre politique de satisfaction garantie et se dit que pour 10$ il n’a rien à perdre, d’autant plus qu’il pourra être remboursé s’il n’aime pas. Dans 99,9% des cas, le client ne prendra pas le temps de demander un remboursement s’il n’aime pas le disque, par peur de paraître cheap. Et si vous avez à rembourser quelqu’un, faites-le sans poser de question et mentionnez-lui que vous lui offrez gracieusement votre album. Cette expérience client satisfaisante donnera une image très positive de vous et même si la personne n’aime pas votre musique, au moment de vous critiquer, il n’en demeure pas moins qu’elle ajoutera que vous êtes vraiment très gentil d’avoir accepté le remboursement sans question.
La base du showbusiness
Connaître l’information est une chose. L’utiliser adéquatement en est une autre.
Vous venez d’avoir une idée fantastique pour mettre en marché votre prochain album, mais malheureusement, vous ne savez pas comment vous y prendre. Avant toute chose, l’important c’est d’avoir une bonne connaissance générale de l’industrie dans laquelle vous voulez travailler. Vous devez impérativement savoir qui sont les principaux joueurs dans chacun des domaines, quelles sont les relations entre ces domaines, quel est le mode de fonctionnement de chacun, etc.
Concrètement, vous devrez connaître les compagnies de disques, les distributeurs, les entreprises de booking de spectacles et celles de promotion, les éditeurs, quelques studios d’enregistrement, les magasins de disques, un avocat spécialisé dans le domaine de la musique, les boîtes qui font les demandes de subventions, les principales associations, etc. Si vous devenez assez bon de ce côté, apprenez le nom des dirigeants de ces entreprises. Devenez un spécialiste dans votre domaine. Quand vous aurez une idée marketing, vous saurez qui aller voir en premier.
Voici quelques endroits où vous pourrez suivre des formations : SPACQ, ADISQ, SOPREF, SOCAN.
Comment penser “en dehors de la boîte” ?
Être informé, au sens large s’entend, n’est plus un souci de nos jours. Le problème est plutôt le contraire, nous sommes surinformés. On nous bombarde d’informations diverses de tout bord tout côté et nos sources sont variées. Le défi est donc de trouver la bonne information, celle qui nous sera réellement utile. Mais puisqu’elle peut venir de partout, il s’agit de rester à l’affût.
Je trouve un grand plaisir depuis plusieurs années à faire ce que j’appelle du « mash-up » d’information. Il s’agit le plus simplement du monde de mélanger les infos que je trouve à travers mes différentes lectures et d’en faire quelque chose de neuf. Pas besoin d’être absolument original ici, il faut simplement pousser un peu plus loin la limite. C’est connu, les plus grands « success stories » ne proviennent pas d’inventions nouvelles. Prenez Google qui n’a fait que simplifier un outil que plusieurs autres entreprises offraient déjà… Je transpose donc dans ma réalité des concepts réels proposés dans d’autres domaines. Pour sortir des sentiers battus, penser « en dehors de la boîte », il faut appliquer les stratégies créées pour des compagnies aériennes, des sociétés pharmaceutiques, des équipes sportives, des écoles de langues, etc.
Le cerveau étant bien fait, plus je lis de cas de campagnes marketing, plus j’arrive à mélanger le tout pour arriver à quelque chose de différent. Soyez boulimique d’information, c’est la seule façon d’y arriver.
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Je suis tombé à deux ou trois reprises ces dernières semaines sur l’émission « Making the Band 4 » présentée à Musique Plus. Certain qu’il s’agissait d’une version urbaine de Star Académie ou American Idol, la seule chose qui m’avait fait l’écouter, c’est que c’était un concept du rappeur P.Diddy. Connaissant le personnage, je savais que ce serait divertissant. J’ai toutefois trouvé bien plus qu’une simple série-réalité, j’ai trouvé une source d’information. On voit évoluer plusieurs jeunes hommes qui formeront, éventuellement, un nouveau groupe. Sur le principe d’élimination, chaque individu doit se surpasser et laisser sa marque afin d’impressionner Diddy et demeurer dans l’appartement. Je remarque une nette tendance de Diddy à les faire travailler plusieurs autres aspects de leur personnalité qui sont importants pour un artiste. Que ce soit le dépassement de soi, le travail en équipe, l’humilité, la franchise, l’estime de soi, etc. Vous trouverez à travers ces émissions plusieurs bons conseils qui vous amèneront à réfléchir sur vous, sur votre carrière et qui vous feront prendre des décisions.
C’est ça le « mash-up » d’information.
