Où va l’argent ?

Je discutais récemment avec un collègue du prix des billets de spectacles. J’expliquais que le consommateur de musique est drôlement fait (moi le premier). Il n’a pas de problème à payer 150$ par billet pour aller voir U2, débourse 35$ pour un t-shirt du groupe (et c’est sans compter le reste de la soirée ; souper, stationnement, gardienne, bières au Centre Bell), mais se demande encore s’il devrait mettre 20$ sur le CD… Aucune commune mesure.

Mon ami soulignait que c’était curieux qu’on puisse dépenser autant pour des artistes comme U2, Coldplay, Madonna, The Rolling Stones, etc., tandis que les artistes d’ici avaient parfois de la difficulté à remplir des salles. Ce n’est qu’une question de notoriété. Pas de talent.

Si on remarque bien, les statistiques démontrent que les ménages canadiens dépensent moins pour les disques et plus les spectacles live et les DVD musicaux. Il est donc clair que les consommateurs de musique préfèrent d’une part le spectacle au disque, mais surtout, préfèrent rester bien tranquilles à la maison à regarder le dernier show de Jean-Pierre Ferland (qui n’aura coûté qu’une trentaine de dollars au maximum) plutôt que de se payer la dépense du show live…

Alors où va l’argent ? Assurément sur les spectacles. Et plus sur les DVDs que sur les CDs. En plus, c’est en tournant que vous vous créerez une réputation. Et c’est ce qui fait monter le prix des billets…

CD vs MP3

Je ne fais pas partie de cette génération. Mais des baby-boomers me disaient que plus jeune, ils achetaient un album (vinyle, va de soit), qu’ils le mettaient sur la table tournante et restaient immobiles, bien assis, pour l’écouter de la première à la dernière note.

Je vous avoue que je n’ai pas souvent (jamais) fait ça. Ma génération est “multitâche ”. Ça veut dire MINIMUM deux affaires en même temps. Alors, on écoute un disque (et ça c’est quand on a le disque au complet…) en faisant autre chose, probablement sur ne Net.

Amateur de musique que je suis, j’achète encore des disques. Je suis de ceux qui aiment posséder l’objet. J’adore lire les pochettes. Mais une fois que j’ai lu la pochette, l’album se retrouve dans ma collection de disques, avec les autres, pour ne plus jamais en ressortir. C’est que vous voyez, la première chose que je fais quand j’ouvre un nouveau CD, c’est de le mettre dans mon ordi pour m’en faire une copie numérique qui ira également dans mon iPod.

Ma belle-mère est passée à la maison la fin de semaine dernière et en voyant mes 600-700 disques étalés un peu partout dans mon bureau (il a fallu que je vide les bibliothèques pour faire un peu de réno), elle m’a demandé un peu innocemment si j’avais besoin de tous les garder.

Oui, lui ai-je répondu.

Elle ne comprenait pas mon point, je crois, quand je lui ai dit qu’en plus, je ne les utilisais jamais compte tenu que je les avais en mp3 dans mon iPod. C’est tellement plus pratique à transporter. Peut-être un jour je me conditionnerai à n’acheter que des albums numériques avec livret en PDF. Ça me laissera trois grosses bibliothèques pour ranger… ma collection de vinyles.