Les leçons de Paul McCartney

Il y a une semaine, je me rendais sur les Plaines d’Abraham à Québec pour assister au concert historique de la légende Sir Paul McCartney. L’événement, hauts en couleur et en émotions, m’a fait réfléchir à diverses choses. J’en ai tiré deux leçons.

1. Utiliser la polémique à son avantage

La venue de Macca a eu un poids média très important de 5,34% selon Influence Communication. Ce qui en fait la plus importante nouvelle de la semaine dernière avec plus de 2600 articles et reportages. Évidemment, toute la polémique démarrée par certains députés du Parti Québécois voyant dans sa venue “une seconde invasion britannique”, a beaucoup fait jaser. Plutôt que d’être sur la défensive et montrer un quelconque mécontentement, Paul a profité de l’occasion pour montrer qu’il était un vrai gentleman.

Il a pris la peine de prendre quelques rapides leçons de français, s’est adressé à la foule dans cette langue à plusieurs occasions, lançant notamment un “bonsoir toute la gang” à son arrivée sur scène et a à maintes fois fait allusion aux festivités du 400e. Il n’a jamais cessé de rappeler qu’il était venu pour fêter AVEC nous la ville de Québec. Ajouter à ça la projection du drapeau québécois sur l’écran géant pendant “Birthday”, la veste où il était écrit “Québec” et lorsqu’il a fait tournoyer le fleurdelisé sur scène et vous comprenez que plus que ça, on se serait cru à la St-Jean Baptiste…

D’une main de maître, et en quelques jours à peine, McCartney et son équipe ont réussi un coup de promotion et de relations publiques hors de l’ordinaire. En faisant preuve d’un grand savoir-faire, il a réussi à mettre tout le monde dans sa poche. Y compris les députés récalcitrants.

2. La gentillesse et la générosité paient

Avez-vous lu quelques-unes des anecdotes et histoires arrivées lors de son passage ? Ça va du chauffeur privé aux techniciens locaux, de la prof de français au locateur de vélos, du photographe exclusif aux signatures d’autographes. Paul a charmé tous et chacun par sa grande gentillesse et sa générosité. Sans doute aurait-il pu jouer la star. Il a préféré faire arrêter son chauffeur pour signer un autographe sur une basse. Il s’est prêté à l’oeil du photographe québécois que son entreprise a embauché pour immortaliser l’événement et qui était le seul à avoir un accès exclusif à TOUTES les installations. Il a fait savoir aux techniciens québécois à quel point ils avaient fait un boulot exemplaire.

Un autre exemple de générosité ? Plus de 2h40 de show, un nombre incroyable de pièces des Beatles, des écrans géants et des feux d’artifices dont il a lui-même assumé le coût. Il a vraiment eu l’air de s’amuser et même, on aurait dit qu’il ne voulait pas quitter la scène. Pas de crise de vedette, pas de demandes exagérées, pas de prétention.

Plusieurs chanteurs et chanteuses du Québec auraient avantage à apprendre cette leçon. Être populaire n’est pas un droit, c’est un privilège. Paul l’a bien compris.

Une question de perception

J’arrive du cinéma où je suis allé voir le tout nouveau film de Will Smith, Hancock. Au tout début de l’histoire, ce personnage, un superhéros malcommode, a plutôt mauvaise réputation. Il est aidé par Ryan, un spécialiste des relations publiques qu’il a sauvé d’une mort certaine, qui se donne comme mandat de remonter sa cote de popularité.

La cote de popularité peut, surtout dans un petit marché comme au Québec, faire toute la différence dans le succès d’un projet. Les artistes doivent agir comme des politiciens. Ils doivent faire attention à leurs moindres faits et gestes et ils doivent serrer des mains. Chaque main serrée est pour l’un, un vote de gagné et pour l’autre, un album ou un billet de vendu. Le contraire est aussi vrai.

Faites le test.

Il s’agit que par une journée maussade vous rencontriez Véronique Cloutier par exemple, qui, cette journée-là, ne souhaite pas tellement avoir un bain de foule. Elle croise une dame qui l’intercepte pour lui raconter sa vie, Véro lui fait savoir que ça ne l’intéresse pas. La dame, un peu choquée, aura comme réaction de voir Véronique comme « une maudite vedette ». Elle rentrera à la maison pour raconter ensuite à sa voisine qu’aujourd’hui « elle a rencontré Véronique Cloutier et qu’elle est vraiment une maudite vedette ». Et là va s’en suivre une série de « y paraît que… ». Cela va nuire à l’artiste. Tout est une question de perception.

Soyez donc assez près des gens pour qu’ils vous trouvent « très gentil, accessible et pas vedette du tout », mais juste assez jet set pour créer une aura de mystère qui leur fera garder une petite gêne et qui vous permettra de faire monter votre cote.

Si la gentillesse et la délicatesse de l’artiste sont proportionnelles à son niveau de vedettariat, sa cote grimpera et ses revenus également. Un artiste talentueux et gentil est forcément une personne en demande.

Pour ceux que ça intéresse, Véronique Cloutier est très gentille et le film de Will Smith est très bon… 😉

Johnny Cash – « Hurt »

C’est quand j’ai vu le film sur la vie de Cash, “Walk the Line” avec Joaquin Phoenix, que je me suis remis dans le répertoire de l’artiste. J’ai redécouvert de magnifiques chansons, dont mes préférées “Get Rythm”, “Folsom Prison Blues” et “A Backstage Pass” parmi plusieurs autres.

Il y en avait une toutefois qu’y m’avait échappé. C’est un ami qui m’a appelé cette semaine pour me dire qu’il fallait absolument que je l’écoute. C’est sans doute la pièce la plus bouleversante de Cash. Il s’agit de la reprise de “Hurt” originalement de Nine Inch Nails.

Pour cette pièce, parue sur l’album “American IV : The Man Comes Around” en 2002, un magnifique vidéo a été tourné par Mark Romanek qui a aussi travaillé avec Madonna, U2 et Michael Jackson. Le clip a reçu pas moins de 7 nominations au MTV Music Video Awards. On y voit un Cash fragile, à la fin de sa vie, qui se rappelle du temps passé. Il ne porte pas de maquillage et Romanek n’a jamais tenté de le faire paraître plus jeune ou plus vibrant. Les scènes de Cash interprétant la chanson dans sa maison sont entrecoupées de films d’archives qui fait du vidéo un poignant hommage. Il décédera peu de temps après.