Les étiquettes, une nécessité

Zorro des temps modernes, vous avez un tableau complet de citations sur Pinterest avec des phrases telles que « I live by my own rule » ou « Ne laisse personne te dicter qui tu es ». Vous êtes un esprit libre, un vrai créatif, et vous détestez les étiquettes.

Dans un monde où l’offre est variée, en grande quantité et où l’attention des gens est plutôt limitée, les étiquettes servent à faire le tri, à aller au plus important. Elles servent à faciliter nos choix et nous permettent de juger plus rapidement les propositions de toutes sortes qu’on nous fait continuellement.

Les gens cherchent généralement à se singulariser, à se sortir de la masse. On le constate chez le mononc qui parle trop fort et raconte des blagues salaces, chez ce jeune Y qui a les deux bras tatoués (un ce n’est pas assez) et qui porte des bas dépareillés ou chez cette autre mère de famille qui passe trop de temps à raconter tous ses exploits sportifs (ok, ça c’est moi !).

Je demande parfois à des artistes ou leur gérant de me parler de leur projet en me faisant une comparaison avec des artistes connus. Ça me permet de me faire une tête rapidement. C’est là qu’ils y vont à grands coups de “c’est complètement unique”, “ça ne s’est jamais fait”, “c’est tout à fait différent” et le meilleur, “ça ne ressemble à rien”.

WHOAAA !

Ça ne ressemble à RIEN ??! Aucune comparaison possible ? Ce que je comprends que c’est tellement différent que ça n’intéressera personne. Particulièrement en ce qui concerne mon métier d’attaché de presse, on a tout intérêt à faire en sorte qu’un média sente que ça peut intéresser son public.

Soyons réalistes. Tout a été fait. Au mieux, c’est possible de créer en faisant des adaptations, des remixes, des mash up, mais du JAMAIS VU JAMAIS ENTENDU, je n’y crois pas. C’est également ce dont Austin Kleon parle dans son excellent livre Steal like an artist (traduit en français Voler comme un artiste).

L’une des façons simples d’arriver à intéresser les gens, c’est de rapidement coller à son projet des étiquettes. Faites-le avant qu’un journaliste ne le fasse à votre place et que ça ne vous plaise pas.

Il n’y a pas de mal à mentionner des noms connus. Lorsque j’ai commencé dans le milieu de la musique fin 1999, j’ai travaillé avec un artiste folk qu’on décrivait “à mi-chemin entre Daran et Coldplay” et je me souviens que ça nous servait beaucoup et que nous arrivions à générer de l’intérêt.

Allez-y en pensant aux émotions que les comparaisons peuvent engendrer. Pourquoi ne pas parler d’artistes d’autres disciplines ? Imagez le tout pour faire rêver un peu, mais sans trop en mettre. Assurez-vous de rester crédible et ne pas raconter n’importe quoi. On doit vous faire confiance.

Alors, qui êtes-vous ? Utilisez-vous une autre technique pour vous décrire ou pour parler de votre projet ?

  

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