Tous les articles par Martin Véronneau

Une question de perception

J’arrive du cinéma où je suis allé voir le tout nouveau film de Will Smith, Hancock. Au tout début de l’histoire, ce personnage, un superhéros malcommode, a plutôt mauvaise réputation. Il est aidé par Ryan, un spécialiste des relations publiques qu’il a sauvé d’une mort certaine, qui se donne comme mandat de remonter sa cote de popularité.

La cote de popularité peut, surtout dans un petit marché comme au Québec, faire toute la différence dans le succès d’un projet. Les artistes doivent agir comme des politiciens. Ils doivent faire attention à leurs moindres faits et gestes et ils doivent serrer des mains. Chaque main serrée est pour l’un, un vote de gagné et pour l’autre, un album ou un billet de vendu. Le contraire est aussi vrai.

Faites le test.

Il s’agit que par une journée maussade vous rencontriez Véronique Cloutier par exemple, qui, cette journée-là, ne souhaite pas tellement avoir un bain de foule. Elle croise une dame qui l’intercepte pour lui raconter sa vie, Véro lui fait savoir que ça ne l’intéresse pas. La dame, un peu choquée, aura comme réaction de voir Véronique comme « une maudite vedette ». Elle rentrera à la maison pour raconter ensuite à sa voisine qu’aujourd’hui « elle a rencontré Véronique Cloutier et qu’elle est vraiment une maudite vedette ». Et là va s’en suivre une série de « y paraît que… ». Cela va nuire à l’artiste. Tout est une question de perception.

Soyez donc assez près des gens pour qu’ils vous trouvent « très gentil, accessible et pas vedette du tout », mais juste assez jet set pour créer une aura de mystère qui leur fera garder une petite gêne et qui vous permettra de faire monter votre cote.

Si la gentillesse et la délicatesse de l’artiste sont proportionnelles à son niveau de vedettariat, sa cote grimpera et ses revenus également. Un artiste talentueux et gentil est forcément une personne en demande.

Pour ceux que ça intéresse, Véronique Cloutier est très gentille et le film de Will Smith est très bon… 😉

Johnny Cash – « Hurt »

C’est quand j’ai vu le film sur la vie de Cash, “Walk the Line” avec Joaquin Phoenix, que je me suis remis dans le répertoire de l’artiste. J’ai redécouvert de magnifiques chansons, dont mes préférées “Get Rythm”, “Folsom Prison Blues” et “A Backstage Pass” parmi plusieurs autres.

Il y en avait une toutefois qu’y m’avait échappé. C’est un ami qui m’a appelé cette semaine pour me dire qu’il fallait absolument que je l’écoute. C’est sans doute la pièce la plus bouleversante de Cash. Il s’agit de la reprise de “Hurt” originalement de Nine Inch Nails.

Pour cette pièce, parue sur l’album “American IV : The Man Comes Around” en 2002, un magnifique vidéo a été tourné par Mark Romanek qui a aussi travaillé avec Madonna, U2 et Michael Jackson. Le clip a reçu pas moins de 7 nominations au MTV Music Video Awards. On y voit un Cash fragile, à la fin de sa vie, qui se rappelle du temps passé. Il ne porte pas de maquillage et Romanek n’a jamais tenté de le faire paraître plus jeune ou plus vibrant. Les scènes de Cash interprétant la chanson dans sa maison sont entrecoupées de films d’archives qui fait du vidéo un poignant hommage. Il décédera peu de temps après.

Où va l’argent ?

Je discutais récemment avec un collègue du prix des billets de spectacles. J’expliquais que le consommateur de musique est drôlement fait (moi le premier). Il n’a pas de problème à payer 150$ par billet pour aller voir U2, débourse 35$ pour un t-shirt du groupe (et c’est sans compter le reste de la soirée ; souper, stationnement, gardienne, bières au Centre Bell), mais se demande encore s’il devrait mettre 20$ sur le CD… Aucune commune mesure.

Mon ami soulignait que c’était curieux qu’on puisse dépenser autant pour des artistes comme U2, Coldplay, Madonna, The Rolling Stones, etc., tandis que les artistes d’ici avaient parfois de la difficulté à remplir des salles. Ce n’est qu’une question de notoriété. Pas de talent.

Si on remarque bien, les statistiques démontrent que les ménages canadiens dépensent moins pour les disques et plus les spectacles live et les DVD musicaux. Il est donc clair que les consommateurs de musique préfèrent d’une part le spectacle au disque, mais surtout, préfèrent rester bien tranquilles à la maison à regarder le dernier show de Jean-Pierre Ferland (qui n’aura coûté qu’une trentaine de dollars au maximum) plutôt que de se payer la dépense du show live…

Alors où va l’argent ? Assurément sur les spectacles. Et plus sur les DVDs que sur les CDs. En plus, c’est en tournant que vous vous créerez une réputation. Et c’est ce qui fait monter le prix des billets…

CD vs MP3

Je ne fais pas partie de cette génération. Mais des baby-boomers me disaient que plus jeune, ils achetaient un album (vinyle, va de soit), qu’ils le mettaient sur la table tournante et restaient immobiles, bien assis, pour l’écouter de la première à la dernière note.

Je vous avoue que je n’ai pas souvent (jamais) fait ça. Ma génération est “multitâche ”. Ça veut dire MINIMUM deux affaires en même temps. Alors, on écoute un disque (et ça c’est quand on a le disque au complet…) en faisant autre chose, probablement sur ne Net.

Amateur de musique que je suis, j’achète encore des disques. Je suis de ceux qui aiment posséder l’objet. J’adore lire les pochettes. Mais une fois que j’ai lu la pochette, l’album se retrouve dans ma collection de disques, avec les autres, pour ne plus jamais en ressortir. C’est que vous voyez, la première chose que je fais quand j’ouvre un nouveau CD, c’est de le mettre dans mon ordi pour m’en faire une copie numérique qui ira également dans mon iPod.

Ma belle-mère est passée à la maison la fin de semaine dernière et en voyant mes 600-700 disques étalés un peu partout dans mon bureau (il a fallu que je vide les bibliothèques pour faire un peu de réno), elle m’a demandé un peu innocemment si j’avais besoin de tous les garder.

Oui, lui ai-je répondu.

Elle ne comprenait pas mon point, je crois, quand je lui ai dit qu’en plus, je ne les utilisais jamais compte tenu que je les avais en mp3 dans mon iPod. C’est tellement plus pratique à transporter. Peut-être un jour je me conditionnerai à n’acheter que des albums numériques avec livret en PDF. Ça me laissera trois grosses bibliothèques pour ranger… ma collection de vinyles.