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L’une des plus grandes erreurs des artistes

L’une des plus grandes erreurs que les artistes font, c’est de minimiser l’importance d’établir un budget et surtout, de mettre de l’argent en promotion et marketing.

Il y a le budget de production et le budget de promotion. Généralement, quand les artistes indépendants m’appellent, ils ont mis 95% de leur argent dans le premier.

Je me dis parfois que ces gens vivent dans un monde parallèle où gambadent licornes et petits chatons tout mignons. Vous pensiez sortir un album avec ZÉRO budget ?

Ok j’ambitionne, ils ont un peu d’argent. Mais statistiquement, ce n’est JAMAIS assez !

La mise en marché d’un produit, quel qu’il soit, nécessite beaucoup de ressources. Il faut bâtir son branding, son image, son histoire. Il faut appeler les médias, leur envoyer le produit, acheter un minimum de pub sur Facebook, monter un site web, etc.

Bien entendu, comme le bout qui vous plaisait le plus était celui d’être en studio pour coucher vos chansons sur des bandes (c’est poétique, non ? Ok, c’est fini les bandes, on est passé au numérique), vous avez investi là toutes vos économies.

N’oubliez jamais que sans promotion, votre produit n’arrivera pas à rejoindre son public. Et s’il ne rejoint pas son public, vous avez partiellement manqué votre coup. Elle est l’une des parties primordiales du processus. Vous êtes donc mieux de la prévoir.
Pour vous donner une idée de grandeur, on met généralement autant en production qu’en promotion. Évaluez donc votre budget de cette façon et ne faites pas la même erreur…

Les étiquettes, une nécessité

Zorro des temps modernes, vous avez un tableau complet de citations sur Pinterest avec des phrases telles que « I live by my own rule » ou « Ne laisse personne te dicter qui tu es ». Vous êtes un esprit libre, un vrai créatif, et vous détestez les étiquettes.

Dans un monde où l’offre est variée, en grande quantité et où l’attention des gens est plutôt limitée, les étiquettes servent à faire le tri, à aller au plus important. Elles servent à faciliter nos choix et nous permettent de juger plus rapidement les propositions de toutes sortes qu’on nous fait continuellement.

Les gens cherchent généralement à se singulariser, à se sortir de la masse. On le constate chez le mononc qui parle trop fort et raconte des blagues salaces, chez ce jeune Y qui a les deux bras tatoués (un ce n’est pas assez) et qui porte des bas dépareillés ou chez cette autre mère de famille qui passe trop de temps à raconter tous ses exploits sportifs (ok, ça c’est moi !).

Je demande parfois à des artistes ou leur gérant de me parler de leur projet en me faisant une comparaison avec des artistes connus. Ça me permet de me faire une tête rapidement. C’est là qu’ils y vont à grands coups de “c’est complètement unique”, “ça ne s’est jamais fait”, “c’est tout à fait différent” et le meilleur, “ça ne ressemble à rien”. Continuer la lecture de Les étiquettes, une nécessité

La clé du succès : savoir ce que vos fans veulent

Fans des BeatlesFaire des affaires, dans le sens traditionnel du terme, consiste à répondre au besoin d’un certain public en offrant un service ou un produit. Les artistes n’étant pas étrangers au monde des affaires (offrir un produit, se créer un réseau de distribution, créer des contacts, faire sa promotion et son marketing, etc. sont des notions qui s’appliquent également à la musique ou tout autre forme d’art), il faut qu’ils agissent comme des hommes et des femmes d’affaires. Et la clé du succès réside dans cette simple affirmation : vous devez savoir ce que vos fans veulent.

C’est ce qui a permis à Radiohead et NIN d’avoir un important succès commercial malgré les ressources plus limitées dont ils disposaient pour leur marketing comparativement au moment où ils étaient signés dans une compagnie de disques major. Ils ont rapidement compris que leurs fans voulaient pouvoir choisir le prix, la qualité et le support. En offrant cette possibilité, ils ont fait ce que peu d’artistes de cette trempe auraient eu le cran de faire ; laisser le contrôle. Plutôt que d’offrir la même chose à tout le monde, ils ont permis à certains d’obtenir l’album gratuitement, à d’autres de payer 50$. Plusieurs groupes demandent aujourd’hui à leurs fans quelles chansons ils aimeraient voir apparaître sur le prochain album, quelle pochette, etc.

Ils se sont donc bâti une importante présence en ligne, récoltant d’innombrables adresses courriel, ce qui leur a donné l’occasion de rejoindre directement les consommateurs sans passer par les canaux traditionnels de promotion. Le bouche à oreille a fait le reste.

Sur son blogue, l’auteur de Getting Things Done David Allen propose ces idées pour favoriser l’engagement de vos fans envers votre groupe :

– Communiquez ouvertement et demandez à vos fans ce qu’ils veulent de vous
– Écoutez ce qu’ils ont à dire. Écoutez vraiment.
– Offrez du contenu unique tel que les versions démos de vos nouvelles chansons
– Ne sous-estimez jamais le pouvoir d’un MP3 gratuit.
– Utilisez intelligemment le réseautage social. Twitter et Facebook sont les meilleurs.
– Ne faites pas qu’envoyer des messages à vos fans, ayez une discussion à double sens.
– Oubliez votre site web traditionnel et commencez un blogue

Si vous utilisez d’autres méthodes pour savoir ce que vos fans veulent ou simplement pour communiquer avec eux, faites-moi en part !

7 raisons pourquoi un artiste doit avoir un gérant

Il y a de ces artistes qui VEULENT avoir un gérant, mais qui ne trouvent pas. La raison est bien simple. Il faut trouver quelqu’un qui a des aptitudes en gestion, qui connaît le milieu de la culture et du showbusiness, qui a un important réseau de contacts, qui ne gère pas déjà plusieurs artistes, qui a du temps à investir sur le projet, qui aime la musique de l’artiste et qui a de la vision…

Il y a aussi de ces artistes qui ne VEULENT PAS d’un gérant, pensant à tort que ça ne leur servira pas, qu’ils connaissent déjà bien le milieu, qu’ils s’occupent déjà de leurs affaires et qu’ils ne veulent pas donner une commission alors que leurs revenus ne sont pas très importants.

Voici 7 raisons pour lesquelles un artiste doit avoir un gérant :

1. Séparer la musique des affaires. L’un ne se gère pas comme l’autre. Avoir un gérant permet à l’artiste de déléguer la gestion de toute la paperasse, y compris les demandes de subventions, la comptabilité, les déclarations gouvernementales, etc. Généralement, d’autres arguments ne sont pas nécessaires pour convaincre un artiste… 😉

2. Maximiser le temps destiné à la musique. Tandis que le travail du gérant est de voir à ce que tout se passe bien dans la carrière de son artiste, le travail de l’artiste est de composer des chansons, faire des spectacles et des entrevues, rencontrer ses fans et d’autres artistes. Si l’artiste passe du temps à s’occuper de ses affaires, il ne le passe forcément pas sur sa carrière et c’est justement là qu’il est payant…

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Quoi mettre dans son dossier de presse

Parmi les outils les plus importants pour un artiste, on retrouve notamment le dossier de presse. Ce document lui permet de rassembler l’ensemble des informations destinées aux médias, agents, diffuseurs et autres partenaires. On le retrouve en version papier, mais aussi de plus en plus en format numérique. On appelle d’ailleurs ce dernier « EPK », de l’anglais Electronic Press Kit.

Voici une liste des éléments qu’un dossier de presse doit contenir :

1. Une biographie de l’artiste ou du groupe

La biographie est un élément très important. C’est le premier document qu’un journaliste voudra lire pour en apprendre davantage sur le parcours de l’artiste. Ce texte pourra également être utilisé dans les sections « biographie » des sites comme Facebook, MySpace et YouTube. Je suggère fortement qu’elle soit écrite par une personne qui possède une belle plume. Cette biographie sera lue par un grand nombre de personnes et elle mérite d’être très travaillée. Le choix des mots est important afin de bien transmettre l’essence de qui est l’artiste.

2. Un communiqué de presse

D’habitude, si vous envoyez un dossier de presse c’est que vous avez quelque chose à annoncer. Vous devez donc joindre à votre dossier un communiqué annonçant la nouvelle. Il peut s’agir du lancement d’un nouvel album, de l’envoi d’une chanson à la radio, de la présentation d’un spectacle ou n’importe quelle autre nouvelle d’intérêt public. Ce communiqué doit être écrit selon certaines règles de base.

3. Des articles, critiques, entrevus dans les médias

Les articles qui font mention de l’artiste doivent être ajoutés en ordre d’importance (on met les journaux nationaux avant les journaux de quartier) ou en ordre chronologique si les articles importants sont trop vieux. Donc si l’artiste a un article de La Presse qui date d’il y a sept ans, il faudra le mettre après les articles parus au cours des dernières semaines. Je suggère pour les entrevues audio et vidéo de mettre ce contenu sur le site web de l’artiste et de les lister sur une feuille à ajouter au dossier.

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Les leçons de Paul McCartney

Il y a une semaine, je me rendais sur les Plaines d’Abraham à Québec pour assister au concert historique de la légende Sir Paul McCartney. L’événement, hauts en couleur et en émotions, m’a fait réfléchir à diverses choses. J’en ai tiré deux leçons.

1. Utiliser la polémique à son avantage

La venue de Macca a eu un poids média très important de 5,34% selon Influence Communication. Ce qui en fait la plus importante nouvelle de la semaine dernière avec plus de 2600 articles et reportages. Évidemment, toute la polémique démarrée par certains députés du Parti Québécois voyant dans sa venue “une seconde invasion britannique”, a beaucoup fait jaser. Plutôt que d’être sur la défensive et montrer un quelconque mécontentement, Paul a profité de l’occasion pour montrer qu’il était un vrai gentleman.

Il a pris la peine de prendre quelques rapides leçons de français, s’est adressé à la foule dans cette langue à plusieurs occasions, lançant notamment un “bonsoir toute la gang” à son arrivée sur scène et a à maintes fois fait allusion aux festivités du 400e. Il n’a jamais cessé de rappeler qu’il était venu pour fêter AVEC nous la ville de Québec. Ajouter à ça la projection du drapeau québécois sur l’écran géant pendant “Birthday”, la veste où il était écrit “Québec” et lorsqu’il a fait tournoyer le fleurdelisé sur scène et vous comprenez que plus que ça, on se serait cru à la St-Jean Baptiste…

D’une main de maître, et en quelques jours à peine, McCartney et son équipe ont réussi un coup de promotion et de relations publiques hors de l’ordinaire. En faisant preuve d’un grand savoir-faire, il a réussi à mettre tout le monde dans sa poche. Y compris les députés récalcitrants.

2. La gentillesse et la générosité paient

Avez-vous lu quelques-unes des anecdotes et histoires arrivées lors de son passage ? Ça va du chauffeur privé aux techniciens locaux, de la prof de français au locateur de vélos, du photographe exclusif aux signatures d’autographes. Paul a charmé tous et chacun par sa grande gentillesse et sa générosité. Sans doute aurait-il pu jouer la star. Il a préféré faire arrêter son chauffeur pour signer un autographe sur une basse. Il s’est prêté à l’oeil du photographe québécois que son entreprise a embauché pour immortaliser l’événement et qui était le seul à avoir un accès exclusif à TOUTES les installations. Il a fait savoir aux techniciens québécois à quel point ils avaient fait un boulot exemplaire.

Un autre exemple de générosité ? Plus de 2h40 de show, un nombre incroyable de pièces des Beatles, des écrans géants et des feux d’artifices dont il a lui-même assumé le coût. Il a vraiment eu l’air de s’amuser et même, on aurait dit qu’il ne voulait pas quitter la scène. Pas de crise de vedette, pas de demandes exagérées, pas de prétention.

Plusieurs chanteurs et chanteuses du Québec auraient avantage à apprendre cette leçon. Être populaire n’est pas un droit, c’est un privilège. Paul l’a bien compris.

Une question de perception

J’arrive du cinéma où je suis allé voir le tout nouveau film de Will Smith, Hancock. Au tout début de l’histoire, ce personnage, un superhéros malcommode, a plutôt mauvaise réputation. Il est aidé par Ryan, un spécialiste des relations publiques qu’il a sauvé d’une mort certaine, qui se donne comme mandat de remonter sa cote de popularité.

La cote de popularité peut, surtout dans un petit marché comme au Québec, faire toute la différence dans le succès d’un projet. Les artistes doivent agir comme des politiciens. Ils doivent faire attention à leurs moindres faits et gestes et ils doivent serrer des mains. Chaque main serrée est pour l’un, un vote de gagné et pour l’autre, un album ou un billet de vendu. Le contraire est aussi vrai.

Faites le test.

Il s’agit que par une journée maussade vous rencontriez Véronique Cloutier par exemple, qui, cette journée-là, ne souhaite pas tellement avoir un bain de foule. Elle croise une dame qui l’intercepte pour lui raconter sa vie, Véro lui fait savoir que ça ne l’intéresse pas. La dame, un peu choquée, aura comme réaction de voir Véronique comme « une maudite vedette ». Elle rentrera à la maison pour raconter ensuite à sa voisine qu’aujourd’hui « elle a rencontré Véronique Cloutier et qu’elle est vraiment une maudite vedette ». Et là va s’en suivre une série de « y paraît que… ». Cela va nuire à l’artiste. Tout est une question de perception.

Soyez donc assez près des gens pour qu’ils vous trouvent « très gentil, accessible et pas vedette du tout », mais juste assez jet set pour créer une aura de mystère qui leur fera garder une petite gêne et qui vous permettra de faire monter votre cote.

Si la gentillesse et la délicatesse de l’artiste sont proportionnelles à son niveau de vedettariat, sa cote grimpera et ses revenus également. Un artiste talentueux et gentil est forcément une personne en demande.

Pour ceux que ça intéresse, Véronique Cloutier est très gentille et le film de Will Smith est très bon… 😉