Archives de catégorie : C’est mon avis…

Toutes les secondes comptent

Récemment, j’ai entendu une artiste en entrevue sur l’une des grandes stations de radio du Québec. Elle y était pour parler de son spectacle qu’elle allait donner au cours de la journée.

À un moment dans l’entrevue, l’animateur lui demande où l’on peut se procurer son plus récent album. Sa réponse, quoique tout à fait juste et conventionnelle, mais tout de même un brin longue, m’a fait réfléchir… « Mon album est disponible dans les magasins et en ligne sur iTunes », avait-elle fait savoir.

Il faut comprendre quand dans ce type de station, on ne fait pas d’entrevue “de fond” où l’on apprend à davantage connaître l’artiste. Je trouvais donc dommage de prendre de précieuses secondes de cette entrevue pour mentionner un élément qui n’apportait pas de valeur à la discussion.

Si l’on considère que le public, de façon générale, ne connait pas l’artiste ou du moins, ne possède pas son album, je trouve que c’est plutôt du temps mal utilisé que de prendre le temps de nommer les endroits où l’album est disponible. Car ce n’est pas le fait de donner cette information qui suscitera l’intérêt chez le consommateur. C’est davantage la personnalité de l’invité, son humour, sa générosité, sa franchise, son talent, ses histoires, etc., qui permettront de “vendre” l’album.

L’objectif de l’invité, c’est de faire en sorte que l’auditeur ait une perception positive et agréable de lui. Soyez naturel, embarquez dans la même énergie que l’animateur et ne pensez pas juste à vous “vendre”. Dire “allez acheter mon album” n’a jamais à lui seul fait vendre des albums… Prenez donc ce temps précieux pour dire quelque chose de plus intéressant.

Garder son job

zen-au-travailOn donne souvent le conseil aux entrepreneurs et aux artistes de tout lâcher pour vivre leur passion. La prémisse est de dire que si elle se trouve face à aucune option de rechange, la personne mettra forcément 100% de son attention, de son énergie et de son travail à s’assurer que son projet fonctionne. L’idée est romantique, mais dans la réalité, je ne pense pas que ce soit la meilleure option.

Vous avez déjà vécu un moment où vous n’aviez plus d’argent ? Vous aviez des factures à payer, mais rien dans votre compte de banque ? Le stress intense que cette situation engendre ne permet pas de créer en toute quiétude.

Une artiste m’a récemment exposé ses difficultés à jongler avec son horaire de travail de jour et de spectacle le soir. Je lui ai suggéré de ne pas laisser tomber son emploi à court terme.

Oui, c’est difficile. Oui, il faut parfois se lever tôt ou se coucher tard pour avancer. Mais garder son emploi permet de dormir sur ses deux oreilles. Et c’est sans compter que ça permet d’avoir de l’argent à investir dans son projet.

Tant et aussi longtemps que le projet de passion avance, c’est ce qui justifie de garder son job.

La raison pour laquelle les artistes doivent être sur Spotify

J’avais une discussion récemment avec un artiste qui me disait profondément détester Spotify. Son argument, c’est que la société suédoise ne paie pas assez de redevances pour l’utilisation de la musique.

Cela me rappelait les débuts de Napster au tournant des années 2000. Les compagnies de disques, plutôt que d’utiliser ce drastique changement dans les moeurs des internautes et des mélomanes et de créer un système alternatif permettant de limiter le téléchargement illégal, ont décidé de poursuivre tout le monde en y injectant des centaines de millions de dollars.

On ne peut être contre le changement. On ne peut rien contre l’avancement technologique. On peut être en désaccord avec le téléchargement illégal, on peut faire fermer tous les sites de piratage, mais une fois que la chose existe, on ne peut plus jamais faire “comme avant”.

Mon agence Local9 offre un service de promotion radio. Les producteurs de disques et des artistes indépendants nous paient pour faire tourner leur chanson à la radio.

Mais pour quelle raison au juste ? Ils dépensent en prévision d’obtenir un revenu de la radio directement ? Absolument pas ! Bien que les revenus de droits d’auteur permettent généralement de rentabiliser l’opération, peut-être même arriver à faire de l’argent s’il s’agit d’un gros succès, la raison pour laquelle nous diffusons les chansons à la radio, c’est pour la VISIBILITÉ que cela leur apporte.

Les gens écoutent la radio. Moins qu’avant, mais ils l’écoutent quand même. Et il s’agit d’un média parfait pour rejoindre la population en général. Monsieur et madame Tout-le-Monde. Continuer la lecture de La raison pour laquelle les artistes doivent être sur Spotify

À l’époque où la techno n’existait pas

Vous vous êtes certainement déjà rendu compte à quel point on avait la vie facile aujourd’hui ? Si vous êtes né pendant les années 90, il y a des trucs que vous ne pouvez simplement pas comprendre.

Nos téléphones avaient des fils. La télécommande de la télévision également. Pour savoir où se rendre lorsqu’on allait quelque part, fallait écrire le chemin sur du papier ou pire, il fallait une carte routière dans la voiture.

L’ordinateur servait à faire du traitement de texte et jouer à des jeux d’un réalisme graphique douteux. Le papier qui allait dans l’imprimante avait des trous de chaque côté, lisières qu’il fallait ensuite détacher.

Je repense parfois à comment mon travail devait se faire à l’époque où la techno n’existait pas. Pour chercher des informations sur un quelconque sujet, il fallait se rendre à la bibliothèque. Les contacts se faisaient presque juste par téléphone ou en personne, pas de courriel. Une lettre ou deux à la poste peut-être.

Voilà une façon originale de revoir votre façon de travailler et de tout remettre en perspective.

Et si vous deviez vous passer de votre ordinateur et de vos courriels pendant un moment ? Si vous deviez créer sans la technologie, vous feriez comment ?

#ExploreTaCreativite

Quand le doute survient

Tous les entrepreneurs passent par ce moment où le doute survient. Que vous soyez un propriétaire d’entreprise, un artiste ou simplement une jeune étudiante, l’occasion de vous remettre en question viendra inévitablement.

C’est un moment pénible. Faire face à ses doutes, c’est angoissant. On se demande si on est fait pour le travail, si on a pas trop pris de responsabilités, si les autres ne sont pas meilleurs que nous, si on pourra y arriver… Le doute diminue nos capacités, nous peinture dans le coin et nous fait prendre des raccourcis. Dans un moment de doute, on y va pour la facilité et surtout, au plus rapide. C’est plus rapide d’abandonner, de se donner toutes les raisons du monde pour rester immobile. On se sent incapable.

Pourtant, elle est là la solution.

Dans un moment de doute, il ne faut pas fléchir et surtout, il ne faut pas RÉFLÉCHIR. Car la créativité et l’innovation ne résident pas dans la réflexion uniquement, elles naissent dans l’ACTION.

Lorsque le doute survient, ne vous posez pas de question. Mettez-vous simplement en mouvement. Il faut créer, parfois juste à très petite échelle. Lorsque vous vous mettez au travail, vous envoyez au cerveau un message subtil, mais puissant : celui d’être capable.
Allez ! Au travail !

5 façons de débuter dans le show-business

Lorsque j’étais professeur à l’École du Show-Business, je voyais régulièrement mes étudiants terminer leur session et se demander comment ils allaient faire pour se trouver un métier.

Mais au fait, comment arrive-t-on à débuter dans le show-business ?

On le sait, c’est un milieu un peu hermétique où il n’est pas très facile de se faire une place. Il faut arriver à entre ouvrir une porte pour se mettre le pied au travers et tranquillement faire son chemin.

Voici comment débuter dans le show-business :

1. Faites un stage

La meilleure façon de se faire un nom, c’est de montrer ce dont on est capable. Mais comment y arriver lorsqu’on arrive dans cette industrie ? Il faut réussir à se faire embaucher dans une entreprise culturelle afin de travailler sur de vrais projets. Malheureusement, une très grande majorité des entreprises ne vous paieront pas pour ce stage. Voyez-le comme un investissement. Faites-vous un nom en démontrant votre savoir-faire et votre capacité de mener à terme vos projets et on vous offrira un poste payé.

2. Partez votre propre entreprise

Si vous avez la fibre entrepreneuriale, vous pouvez penser démarrer votre propre affaire. Il y a plusieurs emplois différents où il y a peu de concurrence. Il faut cependant être capable de vivre avec un salaire très moyen pour quelque temps. Si vous décidez par exemple de devenir gérant de tournée à votre compte, vous devrez connaître assez de groupes et d’artistes pour en trouver quelques-uns qui voudront vous faire confiance et vous payer. Même chose si vous démontrez des aptitudes dans le booking de spectacles, vous pouvez offrir à certains artistes de faire du booking de façon non exclusive afin de montrer que vous êtes capable de faire le boulot.

3. Travaillez dans un milieu connexe

Vous pouvez également entrer dans le show-business par la porte de derrière. C’est notamment le cas de Claude Larivée de la compagnie Larivée Cabot Champagne et de La Tribu qui a commencé alors qu’il travaillait au Café Campus. C’est également mon cas puisque j’ai débuté en travaillant chez Archambault. Le but, c’est d’être là où ça se passe le plus souvent possible. Donc en travaillant dans un milieu connexe, vous serez plus susceptibles de vous faire inviter dans les lancements et les premières – des endroits où vous pouvez rencontrer des gens de l’industrie. Pensez aussi à travailler dans les médias et les studios d’enregistrement…

4. Faites du bénévolat

Au-delà d’aller voir une entreprise pour essayer de vous faire embaucher pour un stage, vous pouvez plus facilement faire du bénévolat pour certains événements. Il y a notamment les stations de radio NRJ et CKOI qui ont des équipes de promotion qui font de l’animation lors d’événements. La chaîne télé Musique Plus en a également une. Ils ajoutent régulièrement des membres à leurs équipes et de cette façon, vous pourriez avoir la possibilité d’être au centre de l’action. Aussi, certains événements bien précis nécessitent un coup de main de bénévoles. C’est le cas du Twestival Local Montréal qui comptait justement sur l’aide des utilisateurs de Twitter pour prendre vie. Il me semble également que le Festival de Jazz et les Francofolies de Montréal offrent certains postes à des bénévoles. Renseignez-vous directement pour savoir quand faire votre demande.

5. Débutez du côté corporatif

Il s’agit parfois de trouver un emploi dans un tout autre domaine pour pouvoir faire son chemin jusqu’au milieu du show-business. C’est le cas d’emplois en publicité, en marketing et en gestion de projets qui pourraient vous amener à développer une certaine expertise qui mènera ailleurs. Vous pourriez donc viser un emploi, même clérical au début, dans une boîte de création publicitaire comme BOS, Sid Lee et Cossette. Il y a aussi les emplois de coordonnateur communications-marketing au sein d’entreprises comme Astral ou Corus qui possèdent plusieurs radios et chaînes télé.

Au bout du compte, c’est en étant en contact avec les gens de cette industrie que vous réussirez à vous vendre assez pour qu’on vous propose un emploi. Plus vous baignerez dans ce milieu, plus on vous connaîtra.

Je vous souhaite bonne chance.

Est-il nécessaire d’avoir un contrat avec son gérant ?

Généralement, lorsqu’il est question de contrats, la question ne se pose pas. Il est préférable de se munir d’un document qui définit clairement les termes d’une entente, notamment qui fait quoi, selon quelles conditions, dans quel délai, etc.

Cependant, quand il s’agit d’un contrat de gérance, il se peut que la situation nécessite d’attendre quelque temps avant que le gérant et son artiste ne décident de signer. Lorsqu’un artiste trouve finalement quelqu’un pour le représenter auprès des différents intervenants avec lesquels il devra travailler, il peut être risqué, pour l’un et l’autre, de rapidement signer une entente long terme qui liera les parties alors qu’ils ne se connaissent pas encore.

Ma vision de la situation, qui ne sera probablement pas partagée par un avocat spécialisé, est que dans le cas très délicat d’une entente de management, il est préférable de commencer délicatement sur la seule base de la confiance et de la communication. Le gérant est, parmi tous les individus qui graviteront autour de l’artiste (agent de spectacles, relationniste de presse, éditeur, distributeur, producteur, etc.), la personne qui partagera le plus l’intimité professionnelle de ce dernier. Cette relation doit se bâtir, comme dans un vrai couple, sur une solide base de franchise, de transparence et de confiance.

Dans ce cas précis, le contrat peut donc être contraignant en début de relation puisqu’il peut être perçu (généralement par l’artiste) comme un élément qui empêcherait une séparation facile et amicale.

Je trouve personnellement qu’il peut être tout indiqué de débuter le travail de management sur la seule base d’une bonne poignée de main. D’abord, cette façon de fonctionner permet à chaque personne d’apprendre à connaître l’autre sans contrainte. Si l’artiste et son gérant ne peuvent pas avoir une confiance mutuelle irréprochable, il ne vaut donc pas la peine que l’un et l’autre investissent davantage dans cette relation. D’autre part, je crois que pour le gérant, le fait de ne pas trop rapidement exiger la signature d’une entente lui permettra de profiter du bénéfice du doute de son artiste qui ne le percevra pas comme un requin.

Du moment cependant que le gérant investi davantage que tu temps, il est en droit d’exiger un miminum de sécurité. Autrement, l’artiste doit assumer lui-même les frais puisqu’il sera celui qui en bénéficiera. Lorsque l’artiste commence à générer des revenus provenant du travail effectué par son gérant, ce dernier est une fois de plus en droit de vouloir une commission. Si à ce moment, l’artiste n’accède pas à la demande, on peut en déduire que la relation n’en est pas une de confiance et que même sous contrat, une séparation aurait été inévitable tôt ou tard.

Le jour où vous souhaiterez signer un contrat de gérance, je vous suggère très fortement de passer voir un avocat spécialisé dans le milieu culturel qui pourra vous aider à trouver un terrain d’entente équitable et selon des termes raisonnables.

Autrement, si cette situation a déjà été la vôtre, laissez un commentaire pour expliquer comment s’est porté votre relation !

Le coût de gratuit

Un bon moyen d’inciter les consommateurs à établir un début de relation avec l’artiste est d’offrir du contenu gratuit en échange d’informations telles que le nom, l’adresse courriel, la ville de résidence, etc. Généralement, ce contenu prend la forme d’un MP3, que ce soit une pièce de l’album ou une chanson inédite. Le consommateur, sur le point de devenir un fan, fera donc un certain effort pour établir ce premier contact. Pour que cette première rencontre soit fructueuse, il est impératif que l’artiste (ou son équipe) diminue au maximum le coût de gratuit.

Quel est ce coût ? Imaginez qu’on vous propose un MP3 gratuit. Vous décidez de remplir le formulaire sur le site de l’artiste. Au bout de quelques minutes, vous recevez un courriel qui vous demande de confirmer votre adresse. Vous cliquez sur le lien pour accepter de recevoir des messages de cette personne et à ce point vous n’avez toujours pas votre chanson. Vous recevez ensuite un courriel vous remerciant d’avoir voulu télécharger la pièce. On vous donne un lien qui vous amène à une page du site web de l’artiste et vous devez cliquer à nouveau sur un autre lien qui téléchargera éventuellement dans votre ordinateur un fichier zippé. Vous prenez un peu plus d’une minute pour le retrouver et trouvez l’outil pour le dézipper. Ce n’est qu’alors que vous pouvez envoyer le MP3 vers iTunes pour l’écouter.

Voilà le coût de gratuit. Un coût beaucoup trop important à certains moments pour le bénéfice réellement obtenu par le consommateur. Vous devez donc impérativement rendre cette tâche le plus simple possible. Je crois que c’est primordial de récolter minimalement une adresse courriel, mais n’oubliez pas que si l’opération semble trop longue ou compliquée, le consommateur risque d’abandonner en chemin. Comme nous le disaient nos mères, quand c’est donné, c’est donné. Alors si vous prenez la décision de donner du contenu, assumez que ce soit en grande partie un cadeau et que vous ne puissiez pas espérer qu’on vous remplisse un questionnaire de santé…

Où va l’argent ?

Je discutais récemment avec un collègue du prix des billets de spectacles. J’expliquais que le consommateur de musique est drôlement fait (moi le premier). Il n’a pas de problème à payer 150$ par billet pour aller voir U2, débourse 35$ pour un t-shirt du groupe (et c’est sans compter le reste de la soirée ; souper, stationnement, gardienne, bières au Centre Bell), mais se demande encore s’il devrait mettre 20$ sur le CD… Aucune commune mesure.

Mon ami soulignait que c’était curieux qu’on puisse dépenser autant pour des artistes comme U2, Coldplay, Madonna, The Rolling Stones, etc., tandis que les artistes d’ici avaient parfois de la difficulté à remplir des salles. Ce n’est qu’une question de notoriété. Pas de talent.

Si on remarque bien, les statistiques démontrent que les ménages canadiens dépensent moins pour les disques et plus les spectacles live et les DVD musicaux. Il est donc clair que les consommateurs de musique préfèrent d’une part le spectacle au disque, mais surtout, préfèrent rester bien tranquilles à la maison à regarder le dernier show de Jean-Pierre Ferland (qui n’aura coûté qu’une trentaine de dollars au maximum) plutôt que de se payer la dépense du show live…

Alors où va l’argent ? Assurément sur les spectacles. Et plus sur les DVDs que sur les CDs. En plus, c’est en tournant que vous vous créerez une réputation. Et c’est ce qui fait monter le prix des billets…