Est-il nécessaire d’avoir un contrat avec son gérant ?

Généralement, lorsqu’il est question de contrats, la question ne se pose pas. Il est préférable de se munir d’un document qui définit clairement les termes d’une entente, notamment qui fait quoi, selon quelles conditions, dans quel délai, etc.

Cependant, quand il s’agit d’un contrat de gérance, il se peut que la situation nécessite d’attendre quelque temps avant que le gérant et son artiste ne décident de signer. Lorsqu’un artiste trouve finalement quelqu’un pour le représenter auprès des différents intervenants avec lesquels il devra travailler, il peut être risqué, pour l’un et l’autre, de rapidement signer une entente long terme qui liera les parties alors qu’ils ne se connaissent pas encore.

Ma vision de la situation, qui ne sera probablement pas partagée par un avocat spécialisé, est que dans le cas très délicat d’une entente de management, il est préférable de commencer délicatement sur la seule base de la confiance et de la communication. Le gérant est, parmi tous les individus qui graviteront autour de l’artiste (agent de spectacles, relationniste de presse, éditeur, distributeur, producteur, etc.), la personne qui partagera le plus l’intimité professionnelle de ce dernier. Cette relation doit se bâtir, comme dans un vrai couple, sur une solide base de franchise, de transparence et de confiance.

Dans ce cas précis, le contrat peut donc être contraignant en début de relation puisqu’il peut être perçu (généralement par l’artiste) comme un élément qui empêcherait une séparation facile et amicale.

Je trouve personnellement qu’il peut être tout indiqué de débuter le travail de management sur la seule base d’une bonne poignée de main. D’abord, cette façon de fonctionner permet à chaque personne d’apprendre à connaître l’autre sans contrainte. Si l’artiste et son gérant ne peuvent pas avoir une confiance mutuelle irréprochable, il ne vaut donc pas la peine que l’un et l’autre investissent davantage dans cette relation. D’autre part, je crois que pour le gérant, le fait de ne pas trop rapidement exiger la signature d’une entente lui permettra de profiter du bénéfice du doute de son artiste qui ne le percevra pas comme un requin.

Du moment cependant que le gérant investi davantage que tu temps, il est en droit d’exiger un miminum de sécurité. Autrement, l’artiste doit assumer lui-même les frais puisqu’il sera celui qui en bénéficiera. Lorsque l’artiste commence à générer des revenus provenant du travail effectué par son gérant, ce dernier est une fois de plus en droit de vouloir une commission. Si à ce moment, l’artiste n’accède pas à la demande, on peut en déduire que la relation n’en est pas une de confiance et que même sous contrat, une séparation aurait été inévitable tôt ou tard.

Le jour où vous souhaiterez signer un contrat de gérance, je vous suggère très fortement de passer voir un avocat spécialisé dans le milieu culturel qui pourra vous aider à trouver un terrain d’entente équitable et selon des termes raisonnables.

Autrement, si cette situation a déjà été la vôtre, laissez un commentaire pour expliquer comment s’est porté votre relation !

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Le coût de gratuit

Un bon moyen d’inciter les consommateurs à établir un début de relation avec l’artiste est d’offrir du contenu gratuit en échange d’informations telles que le nom, l’adresse courriel, la ville de résidence, etc. Généralement, ce contenu prend la forme d’un MP3, que ce soit une pièce de l’album ou une chanson inédite. Le consommateur, sur le point de devenir un fan, fera donc un certain effort pour établir ce premier contact. Pour que cette première rencontre soit fructueuse, il est impératif que l’artiste (ou son équipe) diminue au maximum le coût de gratuit.

Quel est ce coût ? Imaginez qu’on vous propose un MP3 gratuit. Vous décidez de remplir le formulaire sur le site de l’artiste. Au bout de quelques minutes, vous recevez un courriel qui vous demande de confirmer votre adresse. Vous cliquez sur le lien pour accepter de recevoir des messages de cette personne et à ce point vous n’avez toujours pas votre chanson. Vous recevez ensuite un courriel vous remerciant d’avoir voulu télécharger la pièce. On vous donne un lien qui vous amène à une page du site web de l’artiste et vous devez cliquer à nouveau sur un autre lien qui téléchargera éventuellement dans votre ordinateur un fichier zippé. Vous prenez un peu plus d’une minute pour le retrouver et trouvez l’outil pour le dézipper. Ce n’est qu’alors que vous pouvez envoyer le MP3 vers iTunes pour l’écouter.

Voilà le coût de gratuit. Un coût beaucoup trop important à certains moments pour le bénéfice réellement obtenu par le consommateur. Vous devez donc impérativement rendre cette tâche le plus simple possible. Je crois que c’est primordial de récolter minimalement une adresse courriel, mais n’oubliez pas que si l’opération semble trop longue ou compliquée, le consommateur risque d’abandonner en chemin. Comme nous le disaient nos mères, quand c’est donné, c’est donné. Alors si vous prenez la décision de donner du contenu, assumez que ce soit en grande partie un cadeau et que vous ne puissiez pas espérer qu’on vous remplisse un questionnaire de santé…

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Les leçons de Paul McCartney

Il y a une semaine, je me rendais sur les Plaines d’Abraham à Québec pour assister au concert historique de la légende Sir Paul McCartney. L’événement, hauts en couleur et en émotions, m’a fait réfléchir à diverses choses. J’en ai tiré deux leçons.

1. Utiliser la polémique à son avantage

La venue de Macca a eu un poids média très important de 5,34% selon Influence Communication. Ce qui en fait la plus importante nouvelle de la semaine dernière avec plus de 2600 articles et reportages. Évidemment, toute la polémique démarrée par certains députés du Parti Québécois voyant dans sa venue “une seconde invasion britannique”, a beaucoup fait jaser. Plutôt que d’être sur la défensive et montrer un quelconque mécontentement, Paul a profité de l’occasion pour montrer qu’il était un vrai gentleman.

Il a pris la peine de prendre quelques rapides leçons de français, s’est adressé à la foule dans cette langue à plusieurs occasions, lançant notamment un “bonsoir toute la gang” à son arrivée sur scène et a à maintes fois fait allusion aux festivités du 400e. Il n’a jamais cessé de rappeler qu’il était venu pour fêter AVEC nous la ville de Québec. Ajouter à ça la projection du drapeau québécois sur l’écran géant pendant “Birthday”, la veste où il était écrit “Québec” et lorsqu’il a fait tournoyer le fleurdelisé sur scène et vous comprenez que plus que ça, on se serait cru à la St-Jean Baptiste…

D’une main de maître, et en quelques jours à peine, McCartney et son équipe ont réussi un coup de promotion et de relations publiques hors de l’ordinaire. En faisant preuve d’un grand savoir-faire, il a réussi à mettre tout le monde dans sa poche. Y compris les députés récalcitrants.

2. La gentillesse et la générosité paient

Avez-vous lu quelques-unes des anecdotes et histoires arrivées lors de son passage ? Ça va du chauffeur privé aux techniciens locaux, de la prof de français au locateur de vélos, du photographe exclusif aux signatures d’autographes. Paul a charmé tous et chacun par sa grande gentillesse et sa générosité. Sans doute aurait-il pu jouer la star. Il a préféré faire arrêter son chauffeur pour signer un autographe sur une basse. Il s’est prêté à l’oeil du photographe québécois que son entreprise a embauché pour immortaliser l’événement et qui était le seul à avoir un accès exclusif à TOUTES les installations. Il a fait savoir aux techniciens québécois à quel point ils avaient fait un boulot exemplaire.

Un autre exemple de générosité ? Plus de 2h40 de show, un nombre incroyable de pièces des Beatles, des écrans géants et des feux d’artifices dont il a lui-même assumé le coût. Il a vraiment eu l’air de s’amuser et même, on aurait dit qu’il ne voulait pas quitter la scène. Pas de crise de vedette, pas de demandes exagérées, pas de prétention.

Plusieurs chanteurs et chanteuses du Québec auraient avantage à apprendre cette leçon. Être populaire n’est pas un droit, c’est un privilège. Paul l’a bien compris.

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Une question de perception

J’arrive du cinéma où je suis allé voir le tout nouveau film de Will Smith, Hancock. Au tout début de l’histoire, ce personnage, un superhéros malcommode, a plutôt mauvaise réputation. Il est aidé par Ryan, un spécialiste des relations publiques qu’il a sauvé d’une mort certaine, qui se donne comme mandat de remonter sa cote de popularité.

La cote de popularité peut, surtout dans un petit marché comme au Québec, faire toute la différence dans le succès d’un projet. Les artistes doivent agir comme des politiciens. Ils doivent faire attention à leurs moindres faits et gestes et ils doivent serrer des mains. Chaque main serrée est pour l’un, un vote de gagné et pour l’autre, un album ou un billet de vendu. Le contraire est aussi vrai.

Faites le test.

Il s’agit que par une journée maussade vous rencontriez Véronique Cloutier par exemple, qui, cette journée-là, ne souhaite pas tellement avoir un bain de foule. Elle croise une dame qui l’intercepte pour lui raconter sa vie, Véro lui fait savoir que ça ne l’intéresse pas. La dame, un peu choquée, aura comme réaction de voir Véronique comme « une maudite vedette ». Elle rentrera à la maison pour raconter ensuite à sa voisine qu’aujourd’hui « elle a rencontré Véronique Cloutier et qu’elle est vraiment une maudite vedette ». Et là va s’en suivre une série de « y paraît que… ». Cela va nuire à l’artiste. Tout est une question de perception.

Soyez donc assez près des gens pour qu’ils vous trouvent « très gentil, accessible et pas vedette du tout », mais juste assez jet set pour créer une aura de mystère qui leur fera garder une petite gêne et qui vous permettra de faire monter votre cote.

Si la gentillesse et la délicatesse de l’artiste sont proportionnelles à son niveau de vedettariat, sa cote grimpera et ses revenus également. Un artiste talentueux et gentil est forcément une personne en demande.

Pour ceux que ça intéresse, Véronique Cloutier est très gentille et le film de Will Smith est très bon… 😉

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Johnny Cash – « Hurt »

C’est quand j’ai vu le film sur la vie de Cash, “Walk the Line” avec Joaquin Phoenix, que je me suis remis dans le répertoire de l’artiste. J’ai redécouvert de magnifiques chansons, dont mes préférées “Get Rythm”, “Folsom Prison Blues” et “A Backstage Pass” parmi plusieurs autres.

Il y en avait une toutefois qu’y m’avait échappé. C’est un ami qui m’a appelé cette semaine pour me dire qu’il fallait absolument que je l’écoute. C’est sans doute la pièce la plus bouleversante de Cash. Il s’agit de la reprise de “Hurt” originalement de Nine Inch Nails.

Pour cette pièce, parue sur l’album “American IV : The Man Comes Around” en 2002, un magnifique vidéo a été tourné par Mark Romanek qui a aussi travaillé avec Madonna, U2 et Michael Jackson. Le clip a reçu pas moins de 7 nominations au MTV Music Video Awards. On y voit un Cash fragile, à la fin de sa vie, qui se rappelle du temps passé. Il ne porte pas de maquillage et Romanek n’a jamais tenté de le faire paraître plus jeune ou plus vibrant. Les scènes de Cash interprétant la chanson dans sa maison sont entrecoupées de films d’archives qui fait du vidéo un poignant hommage. Il décédera peu de temps après.

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Où va l’argent ?

Je discutais récemment avec un collègue du prix des billets de spectacles. J’expliquais que le consommateur de musique est drôlement fait (moi le premier). Il n’a pas de problème à payer 150$ par billet pour aller voir U2, débourse 35$ pour un t-shirt du groupe (et c’est sans compter le reste de la soirée ; souper, stationnement, gardienne, bières au Centre Bell), mais se demande encore s’il devrait mettre 20$ sur le CD… Aucune commune mesure.

Mon ami soulignait que c’était curieux qu’on puisse dépenser autant pour des artistes comme U2, Coldplay, Madonna, The Rolling Stones, etc., tandis que les artistes d’ici avaient parfois de la difficulté à remplir des salles. Ce n’est qu’une question de notoriété. Pas de talent.

Si on remarque bien, les statistiques démontrent que les ménages canadiens dépensent moins pour les disques et plus les spectacles live et les DVD musicaux. Il est donc clair que les consommateurs de musique préfèrent d’une part le spectacle au disque, mais surtout, préfèrent rester bien tranquilles à la maison à regarder le dernier show de Jean-Pierre Ferland (qui n’aura coûté qu’une trentaine de dollars au maximum) plutôt que de se payer la dépense du show live…

Alors où va l’argent ? Assurément sur les spectacles. Et plus sur les DVDs que sur les CDs. En plus, c’est en tournant que vous vous créerez une réputation. Et c’est ce qui fait monter le prix des billets…

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CD vs MP3

Je ne fais pas partie de cette génération. Mais des baby-boomers me disaient que plus jeune, ils achetaient un album (vinyle, va de soit), qu’ils le mettaient sur la table tournante et restaient immobiles, bien assis, pour l’écouter de la première à la dernière note.

Je vous avoue que je n’ai pas souvent (jamais) fait ça. Ma génération est “multitâche ”. Ça veut dire MINIMUM deux affaires en même temps. Alors, on écoute un disque (et ça c’est quand on a le disque au complet…) en faisant autre chose, probablement sur ne Net.

Amateur de musique que je suis, j’achète encore des disques. Je suis de ceux qui aiment posséder l’objet. J’adore lire les pochettes. Mais une fois que j’ai lu la pochette, l’album se retrouve dans ma collection de disques, avec les autres, pour ne plus jamais en ressortir. C’est que vous voyez, la première chose que je fais quand j’ouvre un nouveau CD, c’est de le mettre dans mon ordi pour m’en faire une copie numérique qui ira également dans mon iPod.

Ma belle-mère est passée à la maison la fin de semaine dernière et en voyant mes 600-700 disques étalés un peu partout dans mon bureau (il a fallu que je vide les bibliothèques pour faire un peu de réno), elle m’a demandé un peu innocemment si j’avais besoin de tous les garder.

Oui, lui ai-je répondu.

Elle ne comprenait pas mon point, je crois, quand je lui ai dit qu’en plus, je ne les utilisais jamais compte tenu que je les avais en mp3 dans mon iPod. C’est tellement plus pratique à transporter. Peut-être un jour je me conditionnerai à n’acheter que des albums numériques avec livret en PDF. Ça me laissera trois grosses bibliothèques pour ranger… ma collection de vinyles.

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