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Garder son job

zen-au-travailOn donne souvent le conseil aux entrepreneurs et aux artistes de tout lâcher pour vivre leur passion. La prémisse est de dire que si elle se trouve face à aucune option de rechange, la personne mettra forcément 100% de son attention, de son énergie et de son travail à s’assurer que son projet fonctionne. L’idée est romantique, mais dans la réalité, je ne pense pas que ce soit la meilleure option.

Vous avez déjà vécu un moment où vous n’aviez plus d’argent ? Vous aviez des factures à payer, mais rien dans votre compte de banque ? Le stress intense que cette situation engendre ne permet pas de créer en toute quiétude.

Une artiste m’a récemment exposé ses difficultés à jongler avec son horaire de travail de jour et de spectacle le soir. Je lui ai suggéré de ne pas laisser tomber son emploi à court terme.

Oui, c’est difficile. Oui, il faut parfois se lever tôt ou se coucher tard pour avancer. Mais garder son emploi permet de dormir sur ses deux oreilles. Et c’est sans compter que ça permet d’avoir de l’argent à investir dans son projet.

Tant et aussi longtemps que le projet de passion avance, c’est ce qui justifie de garder son job.

La raison pour laquelle les artistes doivent être sur Spotify

J’avais une discussion récemment avec un artiste qui me disait profondément détester Spotify. Son argument, c’est que la société suédoise ne paie pas assez de redevances pour l’utilisation de la musique.

Cela me rappelait les débuts de Napster au tournant des années 2000. Les compagnies de disques, plutôt que d’utiliser ce drastique changement dans les moeurs des internautes et des mélomanes et de créer un système alternatif permettant de limiter le téléchargement illégal, ont décidé de poursuivre tout le monde en y injectant des centaines de millions de dollars.

On ne peut être contre le changement. On ne peut rien contre l’avancement technologique. On peut être en désaccord avec le téléchargement illégal, on peut faire fermer tous les sites de piratage, mais une fois que la chose existe, on ne peut plus jamais faire “comme avant”.

Mon agence Local9 offre un service de promotion radio. Les producteurs de disques et des artistes indépendants nous paient pour faire tourner leur chanson à la radio.

Mais pour quelle raison au juste ? Ils dépensent en prévision d’obtenir un revenu de la radio directement ? Absolument pas ! Bien que les revenus de droits d’auteur permettent généralement de rentabiliser l’opération, peut-être même arriver à faire de l’argent s’il s’agit d’un gros succès, la raison pour laquelle nous diffusons les chansons à la radio, c’est pour la VISIBILITÉ que cela leur apporte.

Les gens écoutent la radio. Moins qu’avant, mais ils l’écoutent quand même. Et il s’agit d’un média parfait pour rejoindre la population en général. Monsieur et madame Tout-le-Monde. Continuer la lecture de La raison pour laquelle les artistes doivent être sur Spotify

L’une des plus grandes erreurs des artistes

L’une des plus grandes erreurs que les artistes font, c’est de minimiser l’importance d’établir un budget et surtout, de mettre de l’argent en promotion et marketing.

Il y a le budget de production et le budget de promotion. Généralement, quand les artistes indépendants m’appellent, ils ont mis 95% de leur argent dans le premier.

Je me dis parfois que ces gens vivent dans un monde parallèle où gambadent licornes et petits chatons tout mignons. Vous pensiez sortir un album avec ZÉRO budget ?

Ok j’ambitionne, ils ont un peu d’argent. Mais statistiquement, ce n’est JAMAIS assez !

La mise en marché d’un produit, quel qu’il soit, nécessite beaucoup de ressources. Il faut bâtir son branding, son image, son histoire. Il faut appeler les médias, leur envoyer le produit, acheter un minimum de pub sur Facebook, monter un site web, etc.

Bien entendu, comme le bout qui vous plaisait le plus était celui d’être en studio pour coucher vos chansons sur des bandes (c’est poétique, non ? Ok, c’est fini les bandes, on est passé au numérique), vous avez investi là toutes vos économies.

N’oubliez jamais que sans promotion, votre produit n’arrivera pas à rejoindre son public. Et s’il ne rejoint pas son public, vous avez partiellement manqué votre coup. Elle est l’une des parties primordiales du processus. Vous êtes donc mieux de la prévoir.
Pour vous donner une idée de grandeur, on met généralement autant en production qu’en promotion. Évaluez donc votre budget de cette façon et ne faites pas la même erreur…

Les étiquettes, une nécessité

Zorro des temps modernes, vous avez un tableau complet de citations sur Pinterest avec des phrases telles que « I live by my own rule » ou « Ne laisse personne te dicter qui tu es ». Vous êtes un esprit libre, un vrai créatif, et vous détestez les étiquettes.

Dans un monde où l’offre est variée, en grande quantité et où l’attention des gens est plutôt limitée, les étiquettes servent à faire le tri, à aller au plus important. Elles servent à faciliter nos choix et nous permettent de juger plus rapidement les propositions de toutes sortes qu’on nous fait continuellement.

Les gens cherchent généralement à se singulariser, à se sortir de la masse. On le constate chez le mononc qui parle trop fort et raconte des blagues salaces, chez ce jeune Y qui a les deux bras tatoués (un ce n’est pas assez) et qui porte des bas dépareillés ou chez cette autre mère de famille qui passe trop de temps à raconter tous ses exploits sportifs (ok, ça c’est moi !).

Je demande parfois à des artistes ou leur gérant de me parler de leur projet en me faisant une comparaison avec des artistes connus. Ça me permet de me faire une tête rapidement. C’est là qu’ils y vont à grands coups de “c’est complètement unique”, “ça ne s’est jamais fait”, “c’est tout à fait différent” et le meilleur, “ça ne ressemble à rien”. Continuer la lecture de Les étiquettes, une nécessité

Une question de perception

J’arrive du cinéma où je suis allé voir le tout nouveau film de Will Smith, Hancock. Au tout début de l’histoire, ce personnage, un superhéros malcommode, a plutôt mauvaise réputation. Il est aidé par Ryan, un spécialiste des relations publiques qu’il a sauvé d’une mort certaine, qui se donne comme mandat de remonter sa cote de popularité.

La cote de popularité peut, surtout dans un petit marché comme au Québec, faire toute la différence dans le succès d’un projet. Les artistes doivent agir comme des politiciens. Ils doivent faire attention à leurs moindres faits et gestes et ils doivent serrer des mains. Chaque main serrée est pour l’un, un vote de gagné et pour l’autre, un album ou un billet de vendu. Le contraire est aussi vrai.

Faites le test.

Il s’agit que par une journée maussade vous rencontriez Véronique Cloutier par exemple, qui, cette journée-là, ne souhaite pas tellement avoir un bain de foule. Elle croise une dame qui l’intercepte pour lui raconter sa vie, Véro lui fait savoir que ça ne l’intéresse pas. La dame, un peu choquée, aura comme réaction de voir Véronique comme « une maudite vedette ». Elle rentrera à la maison pour raconter ensuite à sa voisine qu’aujourd’hui « elle a rencontré Véronique Cloutier et qu’elle est vraiment une maudite vedette ». Et là va s’en suivre une série de « y paraît que… ». Cela va nuire à l’artiste. Tout est une question de perception.

Soyez donc assez près des gens pour qu’ils vous trouvent « très gentil, accessible et pas vedette du tout », mais juste assez jet set pour créer une aura de mystère qui leur fera garder une petite gêne et qui vous permettra de faire monter votre cote.

Si la gentillesse et la délicatesse de l’artiste sont proportionnelles à son niveau de vedettariat, sa cote grimpera et ses revenus également. Un artiste talentueux et gentil est forcément une personne en demande.

Pour ceux que ça intéresse, Véronique Cloutier est très gentille et le film de Will Smith est très bon… 😉

Où va l’argent ?

Je discutais récemment avec un collègue du prix des billets de spectacles. J’expliquais que le consommateur de musique est drôlement fait (moi le premier). Il n’a pas de problème à payer 150$ par billet pour aller voir U2, débourse 35$ pour un t-shirt du groupe (et c’est sans compter le reste de la soirée ; souper, stationnement, gardienne, bières au Centre Bell), mais se demande encore s’il devrait mettre 20$ sur le CD… Aucune commune mesure.

Mon ami soulignait que c’était curieux qu’on puisse dépenser autant pour des artistes comme U2, Coldplay, Madonna, The Rolling Stones, etc., tandis que les artistes d’ici avaient parfois de la difficulté à remplir des salles. Ce n’est qu’une question de notoriété. Pas de talent.

Si on remarque bien, les statistiques démontrent que les ménages canadiens dépensent moins pour les disques et plus les spectacles live et les DVD musicaux. Il est donc clair que les consommateurs de musique préfèrent d’une part le spectacle au disque, mais surtout, préfèrent rester bien tranquilles à la maison à regarder le dernier show de Jean-Pierre Ferland (qui n’aura coûté qu’une trentaine de dollars au maximum) plutôt que de se payer la dépense du show live…

Alors où va l’argent ? Assurément sur les spectacles. Et plus sur les DVDs que sur les CDs. En plus, c’est en tournant que vous vous créerez une réputation. Et c’est ce qui fait monter le prix des billets…